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dimanche 19 octobre 2014

Karaköy Lokantası, Istanbul

 
Début des choses sérieuses question tables stambouliotes !

Ayant beaucoup entendu parler du Karaköy Lokantası réunissant bon nombre de compliments sur la toile dont un excellent article d'Hedofoodia, il m'était impossible de ne pas avoir envie d'y faire un tour. C'est chose faite ce 28 septembre 2014.

Karaköy Lokantası ne se situe pas vraiment dans un coin très touristique. Une rue parallèle au débarcadère de Karaköy, assez populaire, remplie de petites échoppes et petites tables simples, un coin agréable, animé en journée par une foule de travailleurs arpentant les petites rues.

La devanture est plutôt contemporaine dans un bâtiment d'architecture de début d'époque moderne. De l'extérieur, on ne peut qu'immédiatement constater le succès des lieux : c'est bondé, dès qu'une table se libère, de nouveaux clients apparaissent, c'est un lieu très couru où la réservation est quasi obligatoire.

On arrive dans une salle vivante, toute parsemée de petites tables nappées de blanc, dressées simplement. Au mur, des catelles turquoises et bleues préservent l'apparence locale des lieux malgré sa modernité. Au centre de la salle, un escalier en colimaçon mène à un étage supérieur aux même allures.




Accueillis à l'entrée, avant d'être menés à notre table, la serveuse nous présente l'étal des mezzés froids et nous les présente pour nous faire une idée. Puis nous montons à l'étage où nous est apportée la carte et de l'eau.


La carte est celle d'une meyhane. Notons que le lieu est plutôt une « lokanta » à midi, à savoir un restaurant de plats préparés à l'avance, très réputés et plutôt bon marché. Le soir, le lieu se transforme en meyhane, une taverne où seront à l'honneur les mezzés et l'alcool. Les prix gonflent alors sensiblement, mais sans être surfaits, loin s'en faut !

A la carte donc, bon nombre de mezzés froids et chauds, des très connus comme des plus étrangers. L'essentiel de la carte est très traditionnelle quoiqu'elle recèle quelques notes de créativité. A côté de cela, comme dans toutes les tavernes, un choix de raki riche est augmenté d'une très jolie sélection de vins du pays.

A la table, une personne ne prendra qu'un plat : l' « Izgara Bonfile Dilimleri », un faux-filet de boeuf de très bonne qualité, juste grillé, tranché en fines lamelles, accompagné de pommes de terre rôties et des quartiers de betterave. Le convive concerné en était très contant.


Pour les trois autres membres de la table, ce fut repas mezzés, accompagné naturellement de pain, ici mi-blanc de bonne qualité. Je m'en vais les décrire.

Le « Topik » était particulièrement excellent. Il s'agit sans doute d'un mezzé plus méconnu, d'origine arménienne. Son nom signifiant « boulette » le décrit bien : une boule extérieurement composée de purée de pois chiche, pommes de terres et tahini est farcie d'une préparation d'oignon finement émincé, parfumé de pignons, raisins noirs séchés et parfumé à la cannelle. C'est d'une très grande gourmandise.


Une assiette de « Füme Ahtapot », du poulpe fumé, riche en saveur et d'une grande tendreté nous a à tous beaucoup plu.


J'adore le « Muammara », alors comment ne pas en prendre ? Il s'agit d'une pâte de noix d'une grande gourmandise, richement parfumée de cumin, ail, oignon, pâte de tomate et paprika. Ici, il fut parfaitement réalisé.


Continuons avec des « Enginar Kalbi », coeurs d’artichauts mariné au jus de betterave. Un parfum un peu vinaigré adouci du sucré de la betterave, c'est frais et très plaisant.


Impossible de rater la « Patlıcan Salatası », salade d'aubergine offrant ici un parfait équilibre entre le goût grillé/fumé et la fraîcheur des aubergines.


Côté mezzés chauds, nous avons commandé les « Kalamar Tava », rondelles de calmar panés avec légèretés, croustillants et pas gras pour deux sous, très bien réalisé.


Le « Kuzu Yaprak ciğer », foie d'agneau frit se présentait en fines lamelles manifestement juste « surprises » un instant dans de l'huile. Un résultat d'une grande tendreté, pas gras du tout, légèrement relevé de piment en paillettes, un peu de cumin et de thym sauvage. Le tout est servi sur un lit d'oignon émincé, c'est vraiment excellent.


Encore du poulpe, cette fois grillé, avec l'« Ahtapot Izgara » : deux tentacules fines juste grillé, un peu de thym sauvage et d'huile d'olive pour un résultat moelleux et délicieux.


Enfin, nous avons testé le « Paçanga böreği  » : deux börek, pâtisseries salées ici farcies de fromage type cheddar et de pastrami. C'est riche et gourmand, assez salé, très nourrissant et plaisant.


Un tel repas n'aurait su se passer de vin à sa mesure : à table ce soir 2 bouteilles seront servies, un excellent Kayra Versus Syrah-Viognier 2011 très fruité, structuré, d'une très grande qualité offrant énormément de plaisir.


Pour finir sur une note douce, deux convives ont commandé le dessert du jour, un pudding au mastic saupoudré de cannelle. Le mastic est une résine très employée dans la cuisine turque pour son goût et son pouvoir texturant, offrant un parfum très particulier, frais, rappelant, pour ceux qui connaissent, le bourgeon de sapin. Ce fut parfait.


Un troisième gourmand finira avec un « Kaymakli peynir tatlisi », un petit cake de semoule au fromage blanc très moelleux et, aux dires du concerné, délicieux, augmenté d'une crème sucrée.


Le tout nous a coûté 454 TL.

Ce repas fut un réel bonheur, complété par une équipe au service très sympathique, avec de l'humour et de la chaleur, de bon conseil et très efficace. Que cela soit à midi ou le soir, Karaköy Lokantası est un lieu à découvrir !


Kemankeş Caddesi 37a
Karaköy, 34425 Istanbul
Région de Marmara, Turquie

samedi 18 octobre 2014

Zeytinli, Istanbul

Avant tout, je vous prie d'excuser la piètre qualité des photos de ce billet : mon appareil photo est malheureusement resté à l'hôtel, il a fallu faire avec les moyens du bord!

Istanbul est une cité fascinante que j'ai découverte quelques heures il y a de cela deux ans. Depuis l'année passée, je m'y rends une semaine par année et compte bien renouveler le pèlerinage pour les années prochaines, en veillant bien à découvrir d'autres contrées turques. Si je suis habitué à voyager seul, cette année, je serai accompagné de trois personnes.

Arrivés en fin d'après-midi, la faim s'est rapidement fait sentir, ce 26 septembre 2014. Par manque de temps et d'organisation, je n'ai pu réserver dans des restaurants qui m'intéressaient réellement depuis la Suisse pour ces deux premiers jours. Évidemment, sur place, ces tables étaient complètes.

Nous nous sommes donc dirigés par un soir pluvieux dans les rues de Beyoğlu , dans l'espoir de trouver une table sympathique pour y faire un repas agréable. Le temps toutefois peu favorable a une balade gourmande, nous a poussé, après une série de refus, à nous rabattre au Zeytinli Restauran, dans la rue Asmalimescit qui regroupe bon nombre de meyhane (tavernes) généralement agréables et vivantes, bien que certaines soient davantage fréquentées par les touristes que par les locaux. Zeytinli fait partie de celles-ci.

Comment remarquer cela ? La carte est en 5 langues, richement illustrée... Rien de plus. Mais cela ne veut pas forcément dire que l'on y mangera mal.

On traverse une petite terrasse pour arriver dans une salle agréable, pleine de tables nappées de blanc, les murs blancs sinon une paroi prune, décorés de tableaux et vieilles publicités.



Nous sommes chaleureusement accueillis et conduits à une table. Immédiatement, comme il est de coutume dans les meyhane, nous recevons avec la carte de l'eau en bouteille.
La carte est assez riche, proposant bon nombre de mezzés froids et chauds et, côté plats chauds, essentiellement de la viande grillée sous toutes formes et quelques poissons.

Nous est porté sur un plateau les mezzés froids de manière à ce que l'on fasse notre choix. Ils sont globalement intéressants et nous en commanderons cinq, que nous consommerons avec du pain mi-blanc correct et un pain un peu feuilleté passablement gras.


Pour commencer, la traditionnelle salade d'aubergine. Fraîche et de texture agréable, elle avait un fort goût de fumé, plus fort qu'à l'habituel. Si elle était plutôt bonne, ce fumé trop présent brisait un peu la finesse de cette salade qui devrait rester plus fraîche que fumée.


Le hummus était plutôt décevant : il avait tout d'une pâte industrielle très épaisse, au goût trop fort de sésame, sur laquelle on aurait versé un peu d'huile.


Les petits filets de maquereaux fumés étaient quant à eux agréables, assez moelleux et pas trop fort en goût.


Nous avons encore commandé une salade de poivrons toute simple, qui n'avait rien de transcendant mais qui était néanmoins bonne.

Et enfin, probablement le plus intéressant, des aubergines séchées farcies de fruits de mer et de boulghour, plutôt délicates en saveurs.

Côté plats, trois viandes grillées différentes, brochettes de poulet, brochette d'agneau et un steak de boeuf, globalement bons et agréablement assaisonnés aux dires des convives, tous servis avec une quenelle de purée épicée bonne mais un peu tiède, une timbale de boulgour pilaf plutôt bon, des poivrons grillés, des pickles et un quartier de tomate. 




Pour ma part, j'ai pris les anchois grillés, bien exécutés et servis selon l'habitude turque avec une rondelle d'oignon, un quartier de citron et des feuilles de salade piquante, un type de roquette que j'apprécie beaucoup.


Pour le repas, nous avons commandé un vin rouge du pays, un Kayra Terra 2011 à partir d'un cépage indigène (öküzgözü) qui, après une attaque franche et agréable, laissait un arrière-goût de fruit pourri.


Je ne me souviens plus du tout du montant de l'addition qui devait être d'environ 230 TL.

Le personnel est agréable et serviable et le lieu est correct pour un repas simple, mais ne mérite pas pour autant le détour, surtout pas jour de pluie !

Zeytinli Restauran
Asmalimescit Sk. No:33 Tünel
34200 Beyoğlu , Istanbul
Région de Marmara, Turquie

lundi 22 septembre 2014

[Archive Turquie 2013] Çiya Sofrası, Istanbul


Le côté asiatique d'Istanbul et particulièrement le quartier de Kadıköy est vraiment un coin que j'apprécie beaucoup et qui plus est, me nourrit bien !

Et pour preuve : deux jours de suite je fais la traversée (dont je ne me lasserai jamais) pour y manger. Cette fois, ce 13.07.2013, je visite une institution, reconnue internationalement et localement, le Çiya.

« Çiya » est en réalité constitué par trois établissements, tous présents sur la même rue dont le premier a ouvert en 1987. Deux de ces enseignes sont spécialisées dans les Kebap-Lahmacun, le troisième « Sofra », est plutôt un restaurant de type lokanta, constitué de plats préparés le jour-même, chauds et froids, et servis jusqu'à épuisement.

C'est dans ce dernier établissement que je me suis attablé. Il y a un côté cantine en tout point : les cadre très simple, les tables accumulées sur deux étages, les lumières assez crues, le bruit de la foule essentiellement de locaux se pressant aux tables et devant les buffets chaud et froid où l'on s'agglutine pour remplir son assiette par soi-même ou en pointant le produit du doigt, sans toujours trop savoir ce que l'on choisit.

Mais les ressemblances avec une cantine s'arrêtent ici. Aux commandes des lieux, un certain Musa Dağdeviren, natif de la région de Gaziantep, un homme qui depuis ses 5 ans travaille dans le monde du goût en ayant débuté à cet âge dans une boulangerie. Ayant enchaîné les expériences pour ouvrir un, puis deux, puis trois restaurants, il est aujourd'hui un chef à la renommée internationale et propose dans ses établissements des mets traditionnels, variés et parfumés qui ne peuvent que prouver que la cuisine turque ne se résume pas aux kebabs et baklavas mais jouit d'une extrême richesse et diversité entre les cultures et traditions des différentes cellules de populations qui composent ce grand et beau pays ainsi que des différentes influences des pays alentours.

Que l'expérience Çiya commence. Ma table réservée m'attend avec une assiette remplie d'une Ramazan pide succulente ainsi qu'une seconde assiette présentant deux quartiers de citron, des olives et dattes.Concernant les plats, je serai bien incapable de rentrer dans des commentaires détaillés et exhaustifs, trop, trop de goûts, trop de couleurs, de sensations ! Je tâcherai toutefois d'en donner une idée.


Je suis d'abord mené à un buffet froid, on me remet une assiette et on se sert un peu à l'aveuglette de ce qui nous fait envie (ou alors, comme ce fut mon cas, on se soumet à faire des choix déchirants tout en essayant de mettre un peu de tout dans l'assiette). Le tout est ensuite pesé reporté sur le ticket et on retourne s'installer à table pour déguster ses entrées froides et tenter de trouver ce que l'on a sélectionné. 



Dans mon assiette, des sarma (feuilles de vigne farcies) moelleuses et parfumées, pas acides comme c'est si fréquent ; une pâte de poivrons aux noix épaisse, un rien granuleuse et excellent ; une salade d'aubergine crémeuse à la tomate pour une fois sans yaourt mais de jolies épices, une salade de boulghour superbement parfumé avec un peu de persil plat et une autre salade de boulghour très fraîche, mêlée de yaourt excellent ; une tomate farcie au riz dans laquelle il m'a semblé déceler des raisins secs et pignons, savoureuse ; une salade de feuilles mêlée d'un fromage type feta comme émietté et une superbe salade de romarin très forte en goût mais succulente.




Une fois desservi, on est conduit devant l'étal des mezzés chauds que l'on sélectionne à la portion ou a la demi-portion. Je ne sais toujours pas vraiment ce que je choisis, pointe trois mets du doigt en précisant « yarım porsiyon » (une précision à ne jamais omettre pour ne pas se retrouver avec des assiettes gigantesques sous le nez) et retourne m'asseoir


en quelques minutes je suis servi : d'abord, respectons les traditions avec une soupe. L'Ezogelin Çorbası, une soupe de lentilles et boulghour longuement mijotée et riche en épices, j'adore cette soupe présente en bouche, un poil farineuse et délicieuse. 


Puis l'Eksili Kebap, des boulettes d'agneau haché grillées et mijotées dans une sauce un peu aigre douce aux goûts dominants de tomate et grenade, avec des petits oignons et morceaux de pide ; c'est succulent. 



Enfin le Keskek,une étonnante et délicieuse préparation de poulet émietté, mêlé à du boulghour et oignons et épices douces (principalement cannelle à mon palais), travaillé comme une pâte.


Bon j'ai fini mes assiettes... mais impossible de m'arrêter là ! Un mets m'intriguait particulièrement, une sorte de saucisse baignant dans une sauce tomate... qui avait l'air si peu sexy que j'en avais envie... Le Mumbar. Il s'agit d'une étonnante saucisse de boyaux farcie essentiellement de boulghour et de riz, avec un peu de viande hachée, de l'oignon et une fine présence d'épices. C'est assez mâcheux et surprenant en bouche, moins gras qu'il n'y paraît et très bon, baignant dans une sauce tomate épicée. 


Au passage je teste les Içli köfte, ces boulettes de viande en croûte de boulghour, particulièrement bien travaillés, moelleux et épicés. 


Bon, j'ai plus faim... mais même les desserts sont très intéressants. Et vu que je suis incapable de faire un choix, je demande un assortiment. Malheur à moi quand je vois arriver deux assiettes qui s'avèrent savoureuses !
En vrac : une orange confite excellente, d'étranges et étonnamment succulentes olives confites, une noix confite entière, coque comprise, délicieuse mais intrigante, un sablé dodu à la pistache, peu sucré et riche en parfum de la drupe, nappé d'une crème épaisse (qui est sans doute un lait épaissi) sucrée et parfumée à la cannelle. 



Enfin, un gâteau présentant un feuilletage de filo imbibé de lait dans lequel se promène une belle quantité de noix et de grenade, moelleux, gourmand et peu sucré.


Notons que l'enseigne est sans alcool. J'y ai bu de l'eau deux bouteilles et un jus de baies maison excellent. Je me suis vu offrir en fin de repas un çay et une tisane aux herbes.

Le tout pour 82 TL. Cher pensez-vous ? Dans un certain cens, oui pour ce type d'établissement, mais du fait que j'ai mangé pour trois, on arrive à quelque chose de beaucoup plus raisonnable et dans la norme pour une personne qui ne serait pas un ogre à jeun depuis trois mois.
Pour des portions normales, au vu de la qualité et de la diversité, les tarifs sont même plutôt bas !

Çiya est une expérience à vivre, et sans doute à revivre !

Çiya Sofrası
Caferağa Mh., Güneşli Bahçe Sk No:43
Kadiköy, Istanbul
Région de Marmara, Turquie

[Archive Turquie 2013] Kadı Nimet Balıkçılık, Istanbul


Quelle est la logique de choisir une oie en guise de mascotte pour un restaurant et marchand de poisson ? Cette question, je me la suis posée pendant tout mon repas du 12 juillet 2013 savouré au Kadı Nimet Balıkçılık.

Ce restaurant est établi dans les quartiers de Kadiköy, sur la rive orientale du Bosphore. Il s'agit d' un quartier très vivant et populaire que j'affectionne beaucoup entre les embarcadère ultras fréquentés et les petits rues marchandes surpeuplées dans lesquelles on appréciera se perdre, boire un café dans l'une des nombreuses enseignes spécialisées et apprécier enfin un bon repas à une table appréciée des locaux.

Me voilà donc au Kadı Nimet Balıkçılık. On découvre un petit restaurant au croisement de deux rues, une cuisine ouverte sur l'extérieur, des petites tables longeant la façade en guise de terrasse établie sur une rue assez fine et correctement en pente. L'intérieur, absolument bondé, présente une petite salle remplie de petites tables noires dénudées, aux murs quasi invisibles tant ils sont recouverts de photographies presque exclusivement d'Atatürk. Au fond, un bar étriqué coupé en deux présente en une de ses moitié un beau choix de mezzés frais et colorés.






Droit devant l'établissement, un étal de poisson présente la pêche du jour vendue aux passants, étal que les clients consultent pour choisir leur poisson. A côté, un chariot réfrigéré présente une sélection des mezzés proposés par la maison, tous exclusivement travaillés à base de poisson.


Car oui, l'enseigne ne travaille que la poisson, sinon quelques salades, et le présente dans toute sa splendeur. Accueilli avec beaucoup de chaleur malgré l'empressement, la foule et la fatigue certaine, une table m'est montée en terrasse et du pain blanc très correct m'est porté, accompagné de la carte. Le poisson est absolument partout ! Un choix beaucoup plus large de poissons grillés que la plupart des restaurants (comme le turbot, l'espadon, de corail, les crevettes fraîches la carpe ou l'ombre, pour n'en citer que quelques uns) sont proposés à la pièce, juste grillés ou frits et vendus au poids au prix du jour.
Mais le plus impressionnant reste le choix de mezzés qui présente une déclinaison exclusivement autour du poisson inimaginable, où tout est travaillé de toutes les manières possibles, avec biens mises en valeur, des spécialités et créations propres au lieu. Ceci est complété par quatre salade (le seul moyen de ne pas avoir du poisson dans l'assiette) et un très joli choix de vins bien présentés et de rakı de divers productions.



Absolument TOUT me tente, mais impossible de tout goûter sans finir ruiné et à l'hôpital. Je commande à mon serveur trois mezzés appartenant aux spécialités, qui étaient indisponibles en demi-portion mais que je voulais absolument. Au moment où j'ai désiré commander un poisson grillé, mon serveur m'a aimablement conseillé de déjà manger ce que j'avais commandé, ce qui sera au final une heureuse recommandation car les portions sont énormes.


Mon choix s'est donc porté sur :

des « Deniz mahsüllü pazı sarma » : il s'agit de feuilles de chou tendres farcies d'un mélange de poissons et crustacés moelleux et goûteux, le tout nappé d'une sauce crémeuse et légère, respectant parfaitement les saveurs du plat. 

 

Puis j'ai choisi la « Karides Güveç » , une cassolette de petites crevettes fraîches mijotée dans une sauce tomate admirablement épicée, peu salée, une note de piment et des morceaux de poivron et de champignon, le tout nappé d'un fromage assez léger en goût, un peu comme du cheddar dirais-je mais c'est difficile à établir. C'est tout simplement excellent.


Enfin ce sera les « Kokoreç ». Ce mot qui deviendra vite familier en se promenant en ville, désigne traditionnellement un mélange de tripailles d'agneau, la plupart du temps roulées autour d'une broche et braisées. Ici c'est la même chose, mais avec du poisson : un plat de tripailles donc, de bar et de poulpe, nettoyées avec précision et grillées parfaitement, et dont l'assaisonnement est à se damner : tomate, poivrons, piments et autres épices, et surtout du thym sauvage parfumant magnifiquement ce plat qu'il faudrait goûter avant de savoir ce que c'est.


Cela avec une salade tout à fait parfaite de concombres, oignons, tomates et persil plat, la prophétie s'est accomplie et je suis purement et simplement plein tant les portions sont généreuses !


En boissons, deux eaux plates, deux gazeuses et je suis un homme comblé pour un prix doux, 48.50 TL.

J'ai passé une superbe soirée dans ce restaurant particulier qui est très clairement un coup de coeur, entouré d'un service charmant et efficace. Ne manquez pas ce lieu et, qui sait, peut-être m'y verrez-vous !

Kadı Nimet Balıkçılık
Tarihi Balıkçılar Çarşısı
Caferağa Mah. Serasker Cad. No:10/A
Kadıköy,  İstanbul
Région de Marmara, Turquie