mercredi 9 avril 2014

Le Prieuré, Pully


Voilà quelques temps, je suis allé au Prieuré pour un dîner qui m'avait fort plu. Souvenirs d'une cuisine française classique, bien travaillée, généreuse et raffinée, au teintes de vieux restaurant chic d'ancienne bourgade.

J'avoue avoir été un peu surpris en voyant que tout récemment Michel Theux-Bérucq avait rendu son tablier au Prieuré pour passer du côté du restaurant Le Leman à Morges, il y a de cela plus d'un an.
Après peu de temps de fermeture, on découvre un nouveau personnage à la tête de la maison, Monsieur Hervé Acosta, d'origine auvergnate, ayant déjà passablement bourlingué, connu dans la région pour avoir géré le Café du Théâtre à Lausanne.

C'est donc curieux qu'avec mon Frère je me suis rendu ce 25 mars 2014 au restaurant du Prieuré, bénéficiant d'une réduction de 50% grâce à LaFourchette.

On retrouve une bâtisse historique toute de pierres et de volets blancs et rouges, ancienne propriété des moines du prieuré de Payerne dont l'histoire remonte à plus d'un millénaire, en 960. Plutôt que de faire un exposé, voici un lien sur l'histoire du lieu, plutôt intéressante. En attendant, entrons !



Nous sommes accueilli par un serveur un peu bourru mais sympathique qui nous mène à notre table. On passe une salle du genre « pinte » où l'on viendra volontiers boire un verre en jouant au chibre, on longe un joli bar et on arrive en salle de restaurant. Je retrouve une pièce que j'ai connue au temps de l'ancienne gérance mais qui est passée d'un apparat relativement chargé à quelque chose de plus simple et épuré sans rien enlever du chaleureux, plinthes hautes blanches, murs jaunes légèrement habillés tantôt de miroirs, tantôt de natures mortes. <Les tables sont dressées tout en simplicité et élégance de nappes blanche et de jolie vaisselle et d’une présence florale. Notons que le bâtiment possède d'autres salles privatisables et que l'établissement peut accueillir jusqu'à 300 personnes.


Tout en consultant la carte, nous commandons une carafe d'eau ainsi que deux verres de Petite Arvine de la Cave Orsat à Martigny. Le millésime n'est pas spécifié, ce qui est le cas de plusieurs autres vins de la carte, au demeurant jolie, bien fournie essentiellement en vins suisses et correctement pricée. A picoter, des biscuits apéritif mélangés du commerce, sans grand intérêt, mais l'attention est là.

La carte est petite et bien réfléchie terroir/saison. En cette période, nous sommes à mi-chemin entre hiver et printemps, on retrouvera donc des légumes racines tantôt, quelques asperges et morilles dans d'autres cas, le tout mis en scène dans un discours de cuisine française classique, presque-même de bistrot, mais raffinée par le travail du chef.

Dès ce moment-là, le propriétaire Hervé Acosta entre en salle et y restera toute la soirée, y distillant une présence discrète, chaleureuse, serviable et plaisante. Ce Monsieur aime manifestement son métier, une passion, et cela se voit.

Un amuse-bouche nous est offert, ce qui est toujours apprécié. Il s'agissait d'un petit velouté de carottes crémeux et gourmand, augmenté de tranches de magret fumé. C'est très agréable en bouche. Mon Frère ne mangeant pas de viande, le patron a eu le bon réflexe de lui servir l'équivalent sans viande.


Mon entrée sera le «Tartare de bar aux fruits de la passion« : une portion plutôt généreuse de poisson fin et délicat, coupé en cubes assez gros ce que j'apprécie personnellement m'est présentée. L'assaisonnement est très juste entre salé, sucré et acide pour un résultat très rafraîchissant et plaisant. Un petit mesclun arrosé d'une vinaigrette bien agréablement acidulée et de petits toasts complétaient cette entrée fort appréciée.


Mon Frère a opté en entrée pour la « Fricassée de champignons, fusette grillée à la crème de truffe blanche c : à nouveau une assiette gourmande de champignons bien sautés, apparemment essentiellement de la variété des pleurotes (mais je n'ai su les détailler précieusement), bien brillants et riches en senteurs. Je n'en ai pris qu'une petite fourchetée et ai été surpris par les saveurs proches de celles d'une viande ; je ne suis pas coutumier de la truffe blanche mais ai entendu ce genre d'échos de personnes plus expérimentées que moi. C'est très intéressant. Le tout augmenté d'une fusette grillée pour ajouter volume, couleur et gourmandise. Belle assiette qui m'a peut-être semblée un peu grasse mais qui a beaucoup plu au dégustateur.


En plat, j'ai choisi la « Caille désossée farcie aux champignons, polenta à la tomate séchée ». Un beau travail dans l'assiette que cette délicate caille bien désossée avec maîtrise et propreté, farcie de champignons sautés et joliment rôtie. La chair est tendre est goûteuse, qui plus est nappée d'un jus très plaisant de viande. Une petite polenta bien cuite, toute simple, pas grasse et appréciable, parfumée de tomate séchée, sert de piédestal à la préparation. Le tout est enfin entouré de quelques petits légumes, de la côte de bette de la carotte et du brocoli juste blanchis et une petite crème (d'artichauts dirais-je). Un beau plat bien réalisé.


Mon Frère a cédé à la « Sole de Bretagne rôtie meunière, purée citronnée » ; le poisson noble est présenté sous sa forme la plus commune, meunière, cuite sur arête et augmentée d'une poignée d'amandes effilées légèrement grillées. La cuisson est simplement parfaite et le résultat est là : chair ferme et nacrée s'ôtant néanmoins facilement de l'arête, « croûte » goûteuse et légèrement croustillante. On ajoute à l'ensemble une quenelle de purée de pommes de terre et des légumes semblables aux miens pour un plat qui à beaucoup plu à son commanditaire.


Avec ce repas des plus plaisant, nous avons partagé une désirée de « Cuvée du Docteur » 2012 de l'Union viticole de Cully, un Pinot noir bien travaillé, frais, fruité et pas trop corpulent qui a correctement suivi nos deux plats.


Notons encore le pain des plus satisfaisant, un mélange de pain complet aux céréales et de pain mi-blanc de très bonne qualité.

Place au dessert ! Mon frère choisit les « Profiteroles à la crème de Williamine et poire pochée » : c'est une copieuse assiette qui lui arrive, garnie de trois profiterole comme je les aime, à savoir légèrement croquante à l'extérieur et moelleuse à l'intérieur, garnie de crème parfumée et généreusement nappée de chocolat chaud et quelques mouchette de chantilly apparemment parfumée à la tonka. Une petite et onctueuse poire pochée vient compléter cette assiette gourmande et bien réalisée. 


Pour ma part, sans être encore affamé, je cède pour la suggestion du jour, à savoir un un canelé. Et celui-ci m'arrive dans le plus simple appareil, certes, mais fort bien réalisé, caramélisé et croûté à l'extérieur pour révéler un intérieur d'une moelleuse gourmandise. En guise de mise en scène, un petit tartare de fruits frais, ananas et un autre fruit que je ne suis pas parvenu à identifier, et une coupelle de crème qui m'a semblé être de la crème double (je ne suis pas un grand expert en la matière). Un dessert plutôt léger qui ne néglige pas la gourmandise, parfait pour une finale douce sans faim.


Deux cafés et l'addition se montant, avec le rabais (50% sur la nourriture), à 132 francs grosso modo ce qui est des plus raisonnable. En revanche, le prix plein m'aurait peut-être paru un peu élevé, quoique pas absolument excessif.

Pour conclure, ce fut un excellent repas, sans fausse note particulière, une cuisine travaillée, raffinée sur un thème des plus classiques, des produits choisis et bien traités, il n'y a rien à dire, le Prieuré a amplement de quoi réussir, surtout avec son sympathique patron, présent partout, attentif et passionné.

Avenue du Prieuré 2 A
1009 Pully
Vaud, Suisse