vendredi 25 avril 2014

La Fleur du Lac, Morges

 


Si c'est la première fois que j'écris un billet sur ce lieu, ce n'est pourtant pas la première que j'y dîne et cela toujours avec un plaisir certain, reproduit ce lundi 21 avril 2014.

La Fleur du Lac est un restaurant d'hôtel éponyme couronné de quatre étoiles. Situé légèrement à l'extérieur de Morges, sur la Route du Lac, on y accède aisément en voiture et on y trouvera facilement place pour se parquer, l'établissement possédant son propre parking.

Dès l'extérieur, on ne peut qu'apprécier une grande bâtisse aux allures classiques, chic et élégante, comme colonisée de verdure.


Tout juste entrés, l’élégance extérieur est confirmée : on traverse un couloir pour aboutir dans une grande salle lumineuse toute bordée de baies vitrées offrant une délicieuse vue sur le lac et les jardins de l'établissement de même que sur la France voisine et la galère morgienne.


Une salle toute composée de tables essentiellement rondes, couvertes de nappes virginales, dressée avec une élégante simplicité et entourées de confortables chaises rembourrées très « à l'ancienne ». Le bois est très présent dans la salle, meubles, armoires, bureau d'accueil, plafond, et offre une touche chaleureuse tout en augmentant l'aspect classique raffiné. Sur le côté, un piano à queue équipé d'un système de jeu mécanique. Dommage, le temps n'étant pas au rendez-vous ;  mais notons qu'en belle saison, la terrasse dans les jardins semble des plus agréable.

  Illico, nous sommes pris en charge, débarrassés de nos vestes et menés à notre table.
On nous propose un apéritif, ce sera deux verres de Chasselas très frais et bien travaillé du Château de Crans et un Chardonnay dont j'ai omis de noter le détail.

En attendant on consultera une carte petite mais appétissante, plutôt composée sur un discours de cuisine française relativement classique avec une claire attention sur le produit et la saison, avec une manifeste préférence pour les produits de la mer ou lacustres, et d'autres mets dont l'appellation simple évoque plus de créativité et plus une personnalité du chef, Aimé Germain, chef français d'origine antillaise, dont le plat qui m'aura le plus marqué restera à jamais la « Fricassée de poulpe à l'antillaise de ma grand-mère » dégusté en mai passé, dont, rien que pour le plaisir, je reproduis ici la photo (de qualité pauvre, désolé).


Et venant de la cheffe pâtissière, l'indétrônable spécialité des lieux, le mille-feuilles décliné selon humeur et saison, ici parfumé à la fraise et accompagné d'un excellent sorbet maison au basilic.

Mais je m’égare !

Nous sélectionnons nos plats, à savoir deux « Menus du Chef », menu trois plats proposant manifestement les « hit » du moment et un simple plat pour une troisième plus petite mangeuse.

Une fois les mets choisis, on nous porte un joli panier de petits ballons assortis avec un beurre frais saupoudré de fleur de sel.

Très vite encore, on nous apportera un petit amuse-bouche : une cuillère de caviar d'aubergine bien réalisé, la chair bien fondante et au parfum sensiblement fumée de ce fruit grillé entier, avec un bon trait de citron, quelques épices et une petite fleur de sel craquant sous la dent, une bouchée pleine de saveurs.


L'entrée des deux menus fut le « Carpaccio de thon rouge, bouquet de mesclun, mangue et avocat et gingembre » : C'est une assiette soignée qui nous arrive, composée d'une bonne portion de fines tranches de thon albacore frais et agréable, très régulier, probablement coupé à la trancheuse, sur lesquelles se promènent de petites mouchettes tantôt d'avocat joliment acidulé de gingembre et tantôt de mangue apportant sa douceur. Au centre de l'assiette s'élève un petit mesclun frais arrosé d'une vinaigrette maison bien relevée et agréablement salée. De-ci, de-là, des décorations croustillantes sous forme de sortes de chips et d'un petit « noeud » de pâte au safran. Une belle assiette offrant une belle diversité gustative.


Le troisième convive n'ayant pas commandé d'entrée s'est vu offrir une jolie assiette de salade verte tant pour accompagner que pour patienter ; cette dernière sera tout à fait semblable à notre mesclun. Le geste est très élégant et apprécié.

Le plat servi aux menus fut la « Plancha du Chef (gambas, féra, omble), sauce citronnelle Thaï » : j'ai tout de suite été interpellé par ce plat très mixte, alliant la charnue gambas aux délicats poissons d'eau douce, le tout sur une purée lisse et gourmande de panais et servi avec une sauce parfumée à la citronnelle. Un mélange pas très fréquent mais qui s'est révélé parfait : les poissons sont parfaitement cuit, la peau croustillante et la chair moelleuse, une gambas bien saisie. La purée de panais est douce et bien réalisée et la sauce est bonne, bien parfumée et ronde en bouche. Côté légumes, un petit artichaut tourné et un fagot de carottes et haricots, tous fort bons séparément mais dont les saveurs n'étaient pas forcément du plus bel accord dans l'ensemble de l'assiette. Quelques croustillants enfin, des chips de carotte dirais-je et à nouveau un « noeud » au safran. Juste pour chipoter encore un peu, j'ai eu de la peine à comprendre le brin d'aneth qui n'est pourtant présent dans aucune préparation de l'assiette. Néanmoins, ce plat fut grandement apprécié et fort bien exécuté.


Ce sera, pour le troisième dîneur le « Pavé de loup poêlé, sauce vierge soja cébettes » : une belle portion de loup à nouveau parfaitement cuit manifestement qui a plu au convive concerné. Les accompagnements sont semblables au plat précédent.


Durant ce repas, nous avons accompagné, sur conseil de notre serveur, d'un petit Pinot Noir de la région, réserve spéciale de la Fleur du Lac, élevé certes en barrique de chêne, de J. J. Bolle en millésime 2011, bien plaisant, jeune, frais et fruité sans manquer tout de même d'une agréable profondeur.


On commandera également trois bouteilles d'eau (0.5 l.).

Le dessert du menu fut une jolie spécialité, le « Panier d’ananas caramélisé et son sorbet exotique », un dessert frais et léger gourmand pour les yeux et pour le palais. Un panier à base d'une sorte de crêpe dentelle croustillante rempli de rondelles d'ananas frais caramélisé et, ai-je l'impression, légèrement alcoolisé. Une boule de sorbet mangue se retrouve au sommet et en décoration gourmande, un massif « verre » en sucre (isomalt) moulé en forme de coeur garni d'une petite écume exotique. C'est frais, léger et délicieux.


Le troisième convive cédera à l'appel de l'enfance avec une « Crème brûlée au Carambar ». Garnie d'une petite tuile, comme une pâte à bricelet, joliment caramélisée, la crème brûlée est parfaitement exécutée et à ce diabolique goût de Carambar qui laisse tant de souvenirs de dents qui collent remonter.


On finira sur deux bons cafés servis avec de petites madeleines légères et fondantes très bien réalisées et on conclura sur une addition de 233.20 CHF avec le Passeport gourmand (prix plein : 326.-).


Le service est extrêmement professionnel sans être hautain, agréable et de bon conseil, discret et amical et contribue fortement au plaisir de ce moment.

Pour conclure, toujours beaucoup de plaisir à venir à la Fleur du Lac pour partager un moment gourmand et élégant dans un cadre confortable. Il y a eu certes des petits éléments secondaires un peu dommage (notamment dans l'accompagnement des plats) mais rien de bien dramatique.

A toute l'équipe, merci !


Rue de Lausanne 70
1110 Morges
Vaud, Suisse