dimanche 24 novembre 2013

Le Bleu Lézard, Lausanne


C'est toujours un plaisir de retourner au Bleu Lézard, que cela soit pour y dîner, y siroter un verre ou participer à une soirée.

Une première pour moi ce vendredi 22 novembre 2013, un « dîner-concert » ; en effet, pour qui ne le saurait pas, la cave du Bleu Lézard possède une très belle offre culturelle et malgré son apparente modestie, reçoit des groupes parfois de renommée internationale, parfois plus méconnus. Ces soirées là, autant dire que le restaurant est encore plus plein que d'habitude et qu'autant la cuisine que le service doivent redoubler de vigilance et d'efficacité pour offrir une prestation digne du Bleu.

Le lieu a véritablement pignon sur rue, à l'orée de la vieille ville de Lausanne, dans les parties hautes du centre, jouissant d'une accessibilité excellente (avec pas mal de parking alentour, Mon Repos et Caroline, et bien sûr les transports publics plutôt fluides). De l'extérieur, on reconnaîtra la façade éclairée au néon bleu électrique et on devinera un lieu convivial, jeune et chaleureux à travers les vitres.

Le Bleu est un lieu idéal pour lier culture et gourmandise et c'est bien là le programme de la soirée, accompagné de trois autres convives. Réservation indispensable prise, nous sommes accueillis dans une salle déjà comble d'une foule bigarrée de tout âge et de tout style. On est dans une ambiance festive, un peu agglutinée, plutôt bruyante mais cela fait partie du Bleu, et quelque part, on y va en toute connaissance de cause sans moins s'en réjouir.

D'un côté, une estrade absolument surpeuplée, d'un autre une salle dans un côté rentrant de l'établissement où l'acoustique est sensiblement plus modérée et où l'on gagne quelque centimètres carré d'espace vital compté par personnes. Hautes vitres tout autour de la salle, un long bar où s'active le personnel plutôt jeune avec rapidité, professionnalisme et sourire. Sur le côté dudit bar, un grand plateau regorge de pop-corn toujours servi comme « grignote » lorsque l'on vient boire un verre.




Les tables sont laissées très brutes, bois nu, un peu fatigué, sombre, idem pour les chaises, recouverts de set de table aux couleurs du Bleu, avec en l’occurrence une publicité pour « l'eau de la maison », simplement une eau du robinet filtrée, purifiée et reminéralisée (gazéifiée ou non) nommée « vivreau ». Nous attendent carte des boissons et quelques olives pour patienter.

La carte nous est présentée et le choix reste toujours difficile : une carte de saison, pas trop grande, comme on les aime, avec un joli choix de tartares et de salades gourmandes, mais également des burgers, un petit choix de pâtes et riz (toujours précisé Carnarolli, un réel témoignage de choix du produit), 5 entrées, 2 poissons, quelques viandes et un choix de desserts appétissants.
Trop difficile de faire un choix, consultons les menus, 5 au total, tous très gourmands et dans une moyenne de prix de cinquante francs, tous proposant entrée-plat-dessert en laissant toujours au minimum une alternative par service.

Pour adoucir nos hésitations, on commende le vin du mois, une bouteille de Ojo de Agua 2012 , un Malbec argentin produit par un suisse dont le nom n'est pas inconnu, Dieter Meier (oh yeah).

Pour s'hydrater un tant soit peu, une grande bouteille d'Heiniez verte.

A la table nous nous décidons pour trois menus « Chasse » et un « Océane » :

Deux entrées « chasse » furent le « Velouté de châtaignes aux légumes oubliés, cristallines de chou rouge et crème fouettée ». Pour un velouté on sent un joli effort de mise en valeur de l'assiette. Le velouté est plutôt épais, aux saveurs très douces et réconfortantes et très bien réussi, un goût marqué de châtaigne et un sucré profond qui m'a rappelé le panais se distinguaient particulièrement. Trois mouchette de crème légèrement aérée apporte un peu de légéreté à l'ensemble qui se couronne de lamelles fines de chou rouge caramélisé apportant un rien de croustillant et surtout une mâche très agréable.

Le troisième convive « chasse » séléctionne l'autre proposition d'entrée, la Terrine de sanglier maison, chutney mendiants et saladine d'automne qui avait fort belle allure et qui a semblé être une réelle réussite.


L'entrée « Océane » fut un « Le nordique »m un tartare composé de filet de saumon de Norvège coupé au couteau, d'échalotes, de Grany Smith, d'aneth et de jus de citron, proposé avec une saladine et quelques toasts, couronné de rondelles d'oignon dirais-je. Cette entrée de bonne allure à entièrement satisfait le dernier convive.


Côté plat, le sanglier a remporté tous les suffrages pour le menu « Chasse ». Trois assiettes de « Confit de sanglier aux baies de bois » nous arrivent, servis avec « polenta moelleuse, courge poêlée, chou rouge aux pommes, chutney de châtaigne au balsamique, poire aux épices ».
Les plats sont biens servis et malgré un dressage peut-être un peu frustre (et j'ai pu voir beaucoup plus beau au Bleu), ils donnent envie « d'y aller ». Il faut avouer un rien de déception au moment de la dégustation de la viande ; lorsque je lis « confit », je m'attend à du moelleux, du fondant ; là, la texture était plus proche de celle d'un civet, en un peu plus sec, malheureusement. Pour en terminer avec les doléances, l'assiette manquait de chaleur. Notons bien que j'ai refusé que l'on me la réchauffe (chose qui m'a été illico proposé avec une juste réactivité) car je ne voulais simplement pas que cela sèche l'ensemble du plat et de par le fait que la dégustation ne pâtissait pas vraiment de cela.
La viande est néanmoins bonne, avec ce joli caractère que l'on attend du sanglier, présenté dans son jus très agréablement parfumé aux baies. A ses côtés, une coupelle de polenta fort bien réalisée et gourmande, très bon choix au demeurant, on ne pense que trop peu à accompagner une chasse de polenta, quelques petites lamelles de légumes joliment cuit et un tronçon de courge poêlé sur lequel se retrouvaient chou rouge aux pommes et un excellent chutney de châtaigne, le tout avec une poire pochée en guise de finition. Un plat qui a offert beaucoup de plaisir malgré les petites coquilles.


Côté « Océane », le « Filet de daurade poché à la citronnelle, légumes croquants et crème «façon satay » et son riz aux châtaignes » one beaucoup plu : il s'agissait en fait d'une dorade entière, filetée, très bien cuite et délicatement parfumée, augmentée d'une sauce gourmande. Ce plat a beaucoup plus à l'intéressé. 

 

Pendant le repas, un joli pain mi-blanc très correct nous est servi et on demandera du rab' de vin (5dl. du même) et une bouteille d'eau supplémentaire

Les desserts étant à choix pour tous les menus, ils seront quatre différents :


Une « Crème brûlée à la pomme et cannelle » de belle allure, manifestement joliment caramélisée et que semble avoir plu.


Un « Tiramisù à la châtaigne crémeuse et croustilles de meringue » de présentation originale, avec une belle présence du café en plus des saveurs attendues ; pas léger mais délicieux.


La « Tarte Tatin, glace artisanale au choix » a semblé parfaitement exécutée et se verra accompagner d'une glace speculoos. 

 

Enfin pour moi, un peu de légèreté avec les « Quartiers d'ananas confits à la vanille puis rôtis, glace Pina Colada ». Jolie assiette, aérée et bien dressée avec ses quartiers d'ananas en éventail fondant joliment parfumés avec à ses côtés, une glace à la saveur fort bien choisie et dans laquelle on retrouve bien tous les marqueurs du fameux cocktail. Si je devais chercher la petite bête, j'ôterais la menthe de ce dessert qui, certes, apporte un peu de diversité de couleur, mais qui est gustativement peu heureux avec l'ensemble.

 

Pas de café, un concert nous attend aux sous-sols, et en même temps que l'addition nous recevons un bon chacun pour un drink durant la soirée. On en aura pour 282 CHF (auxquels on déduira 100.- de bons cadeau), prouvant encore une fois que le rapport qualité-prix-plaisir est exemplaire et peu répandu « par chez nous ».

Le Bleu est décidément un lieu plaisant, attractif, autant au niveau de la cuisine, du service, de l'ambiance, du cadre et de l'offre culturelle. C'est toujours un plaisir de s'y rendre et je me réjouis d'y renouveler une visite. A toute l'équipe un grand merci !

Le Bleu Lézard
Rue Enning 10
1003 Lausanne
Vaud, Suisse