vendredi 11 octobre 2013

Le Java, Lausanne


Le Java (de même, au demeurant, que son grand frère le Bleu Lézard), est un cas typique de lieu que j’apprécie possédant une réelle personnalité mêlée d'une grande simplicité, d'une ouverture et d'un cosmopolitisme réel. Ce n'est d’ailleurs pas pour rien que chaque jour, une foule joyeuse s'y presse, tant pour y savourer de bons petits plats que pour y boire un verre, y bruncher ou y grignoter un petit quelque chose.

C'est donc bien naturellement avec plaisir que j'ai fait partie de cette foule ce vendredi 4 octobre 2013 en compagnie de ma Maman.

Situé en plein coeur de la ville de Lausanne, le Java est un véritable lieu de rencontre bigarré, de détente simple à partager entre amis, en famille, ou pourquoi pas seul.
L'établissement jouit d'une architecture plutôt particulière car sur deux étages reliés par une volée d'escaliers situés en plein centre de son espace. En bas, les tables simples côtoient des espaces fauteuils-canapés entourant de petites tables rondes tandis qu'en faut, ce ne sont que des tables normales, boisées sombre et carelées, simplement dressées de set de table et serviettes rouges en papier, petite bougie et carte des mets soit sous forme de fascicule, plastifié pour les spécialités du moment, soit sous forme de livret de CD pour les mets habituels du restaurant et les boissons, CD aux couleurs de Gainsbourg.

 












Car parlons-en de Gainsbourg : ce nom représente un véritable fil rouge dans la décoration, la personnalité et même les intitulés des plats de ce restaurant. Les fans se réjouiront, les néophytes découvriront.

La carte fait part belle aux salades, galettes de sarrasin et tartare, avec chacun 7 ou 8 choix de toutes sortes et toutes inspirations, en veillant à l'emploi de produits de saison. Ajoutons à cela 3-4 entrées en plus, un poisson et quatre viandes, toujours dans une mentalité de saison, fraîcheur, légèreté et gourmandise, simplicité et créativité. J'apprécie cette simple modernité qui caractérise le Java, de même que les prix pratiqués qui sont doux à l'échelle d'établissements semblables dans la région.
En sus, 4 propositions de menu arrêtés de 3 ou 4 plats.

Vendredi soir, c'est soirée message, j'ai donc particulièrement bien fait de réserver car l'établissement fut très vite bondé. Profitons justement de signaler que le Java propose de nombreuses soirées thématiques : messages, café philosophique, scientifique, soirée bonbon rose, massages... de toutes les couleurs et pour tous les goûts et tous les genres.

Le service est jeune, extrêmement sympathique, sans chichi et ronds de jambes, juste très en phase avec le lieu. Nous sommes accueillis et menés à notre table. On nous propose un apéritif, ce sera l'apéritif du moment, une liqueur de cassis et de pèche mêlé de champagne, décoré, pour le côté fun, d'une mini-brochette de bonbons. Frais et désaltérant, il s'est révélé très agréable. Il me faut signaler en plus qu'il nous fut offert (volontaire ou pas, difficile à dire, puisqu'il ne figurait même pas sur la facture).


On profite pendant ce temps pour faire notre choix parmi les plats. Tout étant vraiment appétissant, ce n'est pas chose facile mais voici sur quoi nous avons porté notre dévolu :

Pour moi, en entrée, une petite « Jonglerie chinoise ». Il s'agit de l'une des nombreuses salades que l'on peut commander en format entrée. Entrée oui... et vraiment très bien servie : il n'est pas rare de se voir servir des portions lilliputiennes lorsque l'on commande une salade en entrée, ce qui est plus encore décevant lorsque la description de sa composition faite sur la carte la laisse présager bien garnie. Abandonnons toute crainte au Java, et détachons la ceinture car me voilà devant une belle assiette colorée, odorante, appétissante et généreuse se composant d'une belle quantité de jeune feuilles de salade fraîche, copieusement garnie de saumon fumé de qualité très correcte, de petits dés de tofu ferme parfumé au miel, quelques quartiers de tomate, des croûtons tout simples pour le croustillant, le tout légèrement nappé d'une vinaigrette au soja plutôt convaincante. Mais le must de cette assiette est sans aucun doute un « nem » de crevette, des petites crevettes cocktail accompagnées d'algues wakamé parfumées au sésame et augmentées de coriandre, le tout roulé dans une feuille de brick croustillante : on retrouve de la mâche, du moelleux, du goût et de l'originalité, un grand bravo.




Je cède à l'envie lorsque je vois la présence d'un loup de mer entier à la carte : « Loup de mer entier en papillon fumé au romarin et son trait d'extra-vierge » : une très belle assiette arrive, composée d'une belle quantité de légumes juste poêlés, frais et agréables, une timbale de riz bien cuit et surtout ce loup, de petit gabarit, très bien cuit, servi entier juste sans sa tête et sans arête à défaut de la queue, piqué de branches de romarin qui auront veillé à libérer parfaitement leur saveur. Un très beau geste technique que cette présentation dans laquelle il me faut souligner le fait de ne pas avoir décelé le moindre reste d'arête. Bravo. En accompagnement, une jolie salade de jeunes feuilles, tomate et croûtons.



 











Pendant ce temps, ma Maman s'est contenté d'un unique plat, l'un des grands habituels du Java, « Le tartare classique au boeuf » donc préparé sans créativité particulière mais avec une belle attention et une grande maîtrise, en portion généreuse, coupé au couteau, très bien assaisonné, servi avec une salade, des toasts et des frites parfumées aux herbes.

On finit en se partageant un dessert, la « Ballade  à deux en douceurs ». Il s'agit d'un assortiment de desserts à se partager. En effet, devant l'offre énorme de desserts maison et le fait que tous soient plutôt appétissants, la solution du « un peu de tout » était plutôt bienvenue. Nous arrive donc une jolie assiette chacun, avec une demi tatin tiède de très belle facture, une crème anglaise parfaitement exécutée, une glace à la fleur de lait savoureuse, un brownie au chocolat généreusement augmenté de noix de pécan moelleux et fondant et enfin, pour satisfaire les enfants qui sommeillent au fond des gourmands, une crêpe au Nutella très bien exécutée.



Un excellent repas donc, tout du long arrosé d'une bouteille de « La Tour », Château Grand-Moulin, Corbières, France, le vin dit « coup de coeur du Java » qui est franchement de bonne tenue. Provenant du domaine de Jean-Noël Bousquet, il s'agit d'un assemblage plutôt puissant de Syrah, Grenache, Mourvèdre et Carignan, certes de meilleure compagnie avec le tartare qu'avec mon poisson mais néanmoins bien structuré, joliment fruité et très agréable. 



Pour qu'il ne soit pas dit que nous ne faisons que boire de l'alcool, deux Heinniez vertes viennes compléter les cadavres de la soirée et nous avons conclu avec deux thés tirés de la jolie sélection de la maison.

Avec les apéritifs offerts, tout cela nous est revenu à 140 francs environ, ce qui représente un réel excellent rapport qualité-prix, presque outrancier lorsque comme moi, ce soir, on est armé d'un bon de 50 francs généreusement offert par le directeur de Carte Blanche, Gilles Wegmüller (et somme toute le co-directeur Thierry Wegmüller) chapeautant entre autres le Bleu et le Java. Un très grand merci au Java et à toute son équipe! 

Le Java
Rue Marterey 36
1005 Lausanne
Vaud, Suisse