mercredi 28 août 2013

Un repas à la maison : le chili!

L'autre jour, j'ai retrouvé dans mes fonds d'armoires une superbe cocotte en terre cuite d'origine espagnole ; un objet très traditionnel, d'origine ancienne et dont les premiers modèles sont le pain quotidien des archéologues mais également un outil de cuisine formidable dans lequel la répartition de la chaleur est excellente et qui permet de mijoter longuement des mets à l'étouffée, au four ou à feu doux.

Peu après m'est venue une furieuse envie d'acheter 8 kg de tomates à mon petit marché fermier local (en choisissant les plus fatiguées, molles et rouge sombre, bref l' invendable sur les étals mais que les marchands se font une joie de vendre à prix doux à qui recherche des tomates gorgées de soleil, fruitées et sucrés qui ont le seul défaut d'être trop molles pour en faire une salade) et d'en faire une sauce tomate. Après 48 heures d'abandon à feu doux, on dévoile le couvercle et on se réjouit de la première dégustation olfactive en remplissant ses petites pots tout propres.
 
J'avais envie, ce mercredi 28 août 2013, d'inaugurer ma production. Mais que faire ? Un bout d'bidoche sous la patte, quelques herbes, épices... on pense naturellement à une bo... nne potée de haricots rouges à la viande, plus communément appelé chili con carne : typiquement le genre de plats que j'adore, tout de goût, d'épice et de rassasiement, qui plus est facile a préparer et pouvant être fait en avance et laisser à buller tout doucement en attendant d'être dégusté, ce qui aura en plus un heureux impact sur le goût et la texture.

D'abord les haricots ! Je suis peu friand des boîtes aussi je les préfère secs. Je n'avais pas prévu le coup et n'en avais pas laissé à tremper la veille. Qu'à cela ne tienne, j'applique une technique simple de trempage express, que j'ai apprise tantôt : il s'agit de mettre les haricots directement à bouillir (départ de l'eau froide), laisser à fond durant 5 minutes, couper le feu et laisser refroidir : cette petite manipulation remplace le trempage et il ne reste plus qu'à réellement cuire les haricots. 

A côté, on prépare les ingrédients, ail, oignons, viande fraîchement hachée (maison si possible), poivrons, piment. J'ai ajouté encore une carotte dont j'aime bien le goût doux dans ce genre de préparations et qui plus est avait le profil parfait pour s'ajouter à ce plat.


Et on met tout cela à bondir, à tour de rôle, dans une poêle et on les transfère un à un dans la fameuse cocotte en terre cuite. J'ai fini avec la viande que j'ai déglacé au porto pour accrocher les saveurs et apporter une note sucrée.
On balance les haricots sur tout cela, la sauce tomate qui n'attendait que de sortir de son bocal, un peu de fond de viande (maison si possible, en poudre dilué à défaut), du cumin, du paprika (fumé, cela donne ce petit goût de reviens-y!) et encore un peu de piment en poudre et c'est partit, couvert au four et on laisse mijoter cela à chaleur douce (100-120 degrés) et on oublie jusqu'au moment de servir (cinq heures plus tard).








Le résultat : des saveurs qui ont eu le temps de faire connaissance et s'harmoniser, une viande moelleuse et encore juteuse, des légumes fondant, du piment qui dépote. Un peu de coriandre ciselée pour parfaire le tout et il n'y a plus qu'à servir, tel quel avec une grande salade, avec une bonne miche de pain ou du riz (comme un ragoût).






Si un bon rouge bien charpenté est sans doute le meilleur des accompagnements, je resterai à l'eau : boire seul, c'est pas mon truc et je me régale assez comme cela !